À 46 ans, Ange Garcia est directeur général de Synergisud, bureau d'études thermiques créé en 1993. Plutôt que de « bureau d'études thermiques », Ange Garcia préfère parler de « bureau d'études spécialisé dans la thermique du bâtiment, en neuf et en rénovation, en habitat et en tertiaire ». La précision vient souligner l'intérêt que porte directeur général de Synergisud à toutes les facettes de son métier. Il a participé à l'élaboration et à la mise en place du DPE, assure également plusieurs cycles de formation, et il est en charge des formations sur de la thermique du bâtiment pour l'APee de Promodul.
L'émergence de nouvelles professions est une bonne nouvelle pour tous ceux qui se forment actuellement à ces nouveaux métiers. Les débouchés semblent très importants, mais y aura-t-il de la place pour tout le monde ? Comment chacun va-t-il trouver ses marques ? Pour Ange Garcia, il n'y a aucun doute : il y a de la place pour tout le monde.
« Il y a de la place pour tout le monde, pour autant que chacun fasse son métier en bonne intelligence »
Si l'on devait se servir d'un curseur pour illustrer ma réponse, on pourrait dire que celui des bureaux d'études thermiques se déplace du simple conseil préventif jusqu'aux calculs réglementaires complexes. La mission de l'expert en rénovation énergétique ne va pas aussi loin, même si, par rapport au diagnostiqueur, il a, en face de lui, la personne qui va utiliser le bâtiment au quotidien.
Et c'est là la différence majeure avec le diagnostiqueur qui, lorsqu'il fait son DPE, a en face de lui quelqu'un qui doit simplement satisfaire à une obligation réglementaire pour vendre son bien. Pour schématiser, on peut dire que l'expert en rénovation énergétique est sans doute plus proche du diagnostiqueur, à cette différence près — et elle est de taille — qu'il doit disposer d'une vision globale pour jouer son rôle de prescripteur.
Il y a de la place pour tout le monde, pour autant que chacun fasse son métier. Au-delà, il faut une cohérence totale dans les discours et que les différents acteurs utilisent des outils qui est les mêmes sources afin de crédibiliser nos métiers vis-à-vis du client final. C'est une nécessité essentielle.
Jusqu'à présent, de fait, les bureaux d'études thermiques intervenaient le plus souvent sur le réglementaire, donc prioritairement sur le neuf, qui demande plus de connaissances thermiques. Les calculs de dimensionnement des installations de chauffage, de climatisation ou de ventilation, par exemple, sont faits par les bureaux d'études. Bien sûr, nous pouvions également intervenir en rénovation, comme partenaires des installateurs pour concrétiser leurs offres en réalisant leurs calculs de dimensionnement lorsque nécessaire.
La donne s'est sensiblement modifiée depuis le 1er novembre 2007, avec cette réglementation thermique à deux vitesses, si l'on peut dire, qui prévoit une intervention élément par élément, d'une part, et une intervention globale, d'autre part. Les bureaux d'études vont naturellement sur la prestation globale, comme, par exemple, l'audit énergétique du gros tertiaire. J'aurais tendance à dire que, si l'on veut schématiser, le marché du neuf est destiné, de fait, aux bureaux d'études, alors que les experts en rénovation énergétique, comme leur nom l'indique, d'ailleurs, sont plutôt formatés pour la rénovation.
Évidemment qu'ils peuvent travailler ensemble, je dirais même que c'est souvent nécessaire ! Ils le doivent, même. Il y a des synergies entre les deux métiers, et même plus que l'on peut l'imaginer. Prenons un exemple concret : le Label de Rénovation Énergétique de Promotelec impose que soit remise une note de dimensionnement de chauffage conforme à la norme EN 12-831. Les bureaux d'études savent réaliser la note de calcul nécessaire à l'établissement de cette note de dimensionnement de chauffage, les experts en rénovation énergétique pas forcément. Il y a donc des passerelles à trouver, notamment sur les dossiers les plus complexes.
Encore une fois, si chacun occupe la place qui lui revient, tout le monde peut et doit y trouver son compte. Il y a du travail pour tout le monde, pour autant que chacun, je le répète, sache occuper l'espace qui lui revient. Travailler en bonne intelligence pour nous permettre, par exemple, de répondre à des appels d'offres qui demandent des réponses communes. Il est de notre devoir de réussir la mutation de l'approche de nos métiers et des nouveaux métiers liées au Grenelle de l'Environnement pour le secteur du Bâtiment.