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Bâtiment bas carbone

Publié le 10.08.2015

Au lendemain de l’adoption du projet de loi pour la transition énergétique, le groupe de travail « Réflexion Bâtiment Responsable 2020-2050 » du Plan Bâtiment Durable co-présidé par Christian Cléret (Poste Immo) et Alain Maugard (Qualibat) publie la version finale de sa note sur les bâtiments bas carbone.

Cette note présente quelques recommandations et voies d’action pour faire progresser la filière bâtiment et immobilier vers les bâtiments bas carbone.

Les émissions de gaz à effet de serre liées au bâtiment ont lieu tout au long de son cycle de vie, si bien qu’avec cette approche large des impacts à la construction et à la rénovation, à la démolition et ceux liés à la production d’énergie, ils dépassent largement les 20-25% souvent mis en avant dans la répartition du niveau national tous secteurs confondus.

L’analyse des différents ordres de grandeurs des émissions de gaz à effet de serre dans le bâtiment montre que :

  • dans une passoire énergétique, les émissions en exploitation sont dominantes ;
  • à l’inverse, dans un bâtiment basse consommation, les émissions en phase construction ou rénovation peuvent dépasser les émissions liées à l’énergie en phase exploitation ;
  • la localisation d’un bâtiment a également un impact non négligeable sur ses émissions de gaz à effet de serre du fait des flux de transports quotidien.

On retient également que les émissions pour les produits et matériaux lors d’un projet de logements collectifs neufs sont de l’ordre de 550 kg équivalent CO2 /m² là où les émissions liées aux usages immobiliers varient entre moins de 5 kg eqCO2/m2.an pour les bâtiments les plus performants utilisant les énergies les moins carbonées et plus de 145 kg eqCO2/m2.an pour certains bâtiments tertiaires très émetteurs.

La note présente ainsi six grands types d’actions et de recommandations permettant d’agir sur l’impact carbone des bâtiments :

1. L’adaptation des surfaces construites.

Puisqu’un m² non construit représente près d’une tonne de CO2 évitée sur le cycle de vie, la réflexion sur la surface vraiment nécessaire pour répondre aux besoins est déterminante.

2. Le choix d’implantation.

Cela conduit à prendre en compte la distance du bâtiment aux services, l’éventuelle mise à disposition au niveau du territoire d’énergies décarbonées ou encore la capacité à en produire.

3. Le choix entre construction ou rénovation.

Ce choix se fonde toujours sur un ensemble de critères. Du point de vue des émissions de GES, le fait de réutiliser la structure et le gros œuvre dans le cadre d’une opération de rénovation permettra d’économiser de l’ordre de 300 kgeqCO2 /m², ce qui conduit pendant plusieurs dizaines d’années à avoir un meilleurs bilan qu’un bâtiment neuf, même si ce dernier consomme lui moins d’énergie qu’un bâtiment bien rénové.

4. Les ambitions pour la construction neuve et la rénovation.

En construction, jusqu’à aujourd’hui, l’analyse est plutôt faite sur les émissions en phase exploitation, lesquelles sont très fortement réduites. Il faut donc porter l’analyse sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment. Cette analyse fait émerger des voies nouvelles de construction et il faut donc démocratiser l’utilisation des outils d’éco-conception.
Dans l’existant, les fortes consommations d’énergie sont associées à d’importantes émissions de GES. Il convient donc d’agir sur la consommation du parc et sa mutation vers des énergies moins carbonées.

5. Le choix des énergies moins carbonées.

La quantité de gaz à effet de serre émis pour chaque kWh d’énergie utile varie beaucoup d’une énergie à l’autre. Elle s’exprime par le facteur d’émission dont l’unité usuelle est le gramme d’équivalent CO2 par kWh.

Avec la multiplication des systèmes hybrides, associant énergies renouvelables et non renouvelables, il est désormais nécessaire de disposer de facteurs d’émission correspondant à chacun de ces types de système calculés via une analyse de cycle de vie pour permettre une comparaison juste entre énergies.

A titre d’exemple une pompe à chaleur hybride associant une pompe à chaleur électrique fonctionnant en base et un générateur à combustible fonctionnant les jours les plus froids et évitant la consommation d’électricité au moment où celle-ci est la plus carbonée devra en voir le bénéfice sur son facteur d’émission.

6. La meilleure utilisation et gestion du bâtiment.

Tout comme au plan de l’énergie, une meilleure exploitation du bâtiment conduit à diminuer son impact carbone mais ce levier est peu valorisé.

La nécessité d’agir sur le changement climatique va donner une importance croissante à la prise en compte des émissions de gaz à effet de serre. Le défi est de rendre progressivement le parc de bâtiments Bas Carbone.

L’enjeu prioritaire est aujourd’hui de développer une culture collective sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’émergence d’un langage commun basé sur quelques indicateurs est un des moyens pour faire émerger cette culture.

Dans ce défi, le groupe de travail rappelle que l’enjeu majeur sera de donner une vraie valeur au carbone pour que les choix économiques qui structurent chaque projet intègrent la question du réchauffement climatique et organisent plus efficacement les choix d'investissements publics.
 

Accéder à la note complète du groupe de travail "Réflexion Bâtiment Responsable 2020- 2050" :http://www.planbatimentdurable.fr/IMG/pdf/RBR2020_vers_des_batiments_bas_carbone_version_finale.pdf