> > Performances thermiques riment-elles avec qualité de l’air ?

Performances thermiques riment-elles avec qualité de l’air ?

Publié le 06.04.2017

Les mutations dans la conception et les modes constructifs des bâtiments sont aujourd’hui profondes, et portent notamment sur l’architecture, l’isolation thermique, l’étanchéité à l’air de l’enveloppe ainsi que sur les équipements et les systèmes. L’ensemble de ses avancées doit se faire en cohérence avec la qualité de l’air et le confort des occupants.

C’est ce qu’a voulu vérifier l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) en rendant public sa première étude portant sur le confort et les polluants dans des logements neufs ou réhabilités.


Caractéristiques des logements étudiés


Démarré dès 2008 ce programme de mesure, d’analyse et de perception des occupants touche 72 logements répartis en 17 maisons individuelles et 55 appartements situés dans des logements collectifs pour l’essentiel à vocation sociale.

  • 16 maisons sur 17 sont neuves, à 94 % à ossature bois et chauffées par des pompes à chaleur ou des poêles à bois.  
  • 28 logements collectifs sont neufs et 27 réhabilités. Ils sont chauffés par des chaudières gaz ou un réseau de chaleur.
  • La consommation moyenne énergétique conventionnelle des logements est de 55 kWhEP/ m².an.
  • Les logements sont quasiment tous ventilés par un système de ventilation mécanique contrôlée simple ou double flux.
  • Le délai médian d’enquête est de deux ans après la fin de construction ou la fin des travaux de rénovation.

Attention donc, dans l’analyse des résultats, d’avoir toujours à l’esprit que cet échantillon n’a aucune valeur représentative du parc de maisons ou de logements neufs ou réhabilités.

Le dispositif reposant sur une démarche volontaire l’OQAI, consciente de cet état de fait, entend dès 2017 élargir l’échantillon d’une centaine de nouveaux logements et, vague après vague,  révéler une image plus générale de la situation.


Résultats de l’étude


Il s’agit donc, d’un premier éclairage qui a pour principal intérêt de porter à la connaissance des acteurs de l’acte de bâtir, des similitudes et des différences mesurées, des problématiques plus spécifiques rencontrées entre les logements fruits de l’observation et ceux observés notamment à travers l’étude nationale conduite par l’OQAI en 2003 et 2005.

Globalement, l’étude ne fait pas apparaître de différences notables pour rapport à l’ensemble des logements français.

 

Similitudes

Ainsi, les concentrations des substances observées (radon, aldéhydes, composants organiques volatils sont équivalentes, voire inférieures à celles de l’ensemble des logements français. Il en est de même en ce qui concerne les taux d’humidité rencontrés.

 

Différences

Par contre, on observe :

  • des concentrations de dioxyde d’azote plus faible,
  • des concentrations supérieures en période hors-chauffe d’hexaldéhyde, d’alpha-pinène et de limonène (que l’OQAI explique compte tenu de l’ossature bois, de la présence de mobilier en bois dans les pièces de mesures et, pour les logements situés au dernier étage, de l’isolant végétal bois placé au niveau des combles ou de revêtement de sol à base de bois brut ou reconstitué
  • Des températures intérieures systématiquement supérieures de l’ordre de 1° C en période de chauffe comme en période hors-chauffe dans la chambre.

 

Problématiques rencontrées et points de vigilance

Elles tiennent d’une part aux moisissures observées, le plus souvent cachées (développement fongique actif dans 47 % des logements observés contre 37 % dans l’ensemble des logements français) et d’autre part au fonctionnement des systèmes de ventilation.

Sur le premier point l’échantillon trop faible n’a pas permis de déterminer les facteurs responsables du développement actif des moisissures. L’OQAI entend dans ses prochains programmes de mesure conduire une recherche plus poussée du phénomène observé afin d’en chercher les causes grâce à un nombre plus élevé d’observations.

En ce qui concerne le second point :

  • Dans le cas de la présence  de VMC simple flux hygroréglables, les mesures de pression réalisées aux bouches d’extraction sont conformes aux plages de fonctionnement préconisées par les fabricants dans seulement un cas sur deux.
  • En présence de VMC double flux les mêmes disfonctionnement sont observés dans les mesures de débits d’air extraits dans les cuisines, salles de bains et WC en grand débit.

Ce point qui nécessite une vigilance accrue dans la mesure où les réductions importantes des infiltrations parasites dues à l’étanchéité à l’air de l’enveloppe peuvent conduire à un renouvellement d’air insuffisant.


Perception des occupants


80 % des occupants se déclarent satisfaits du confort de leur logement ainsi que du confort thermique, olfactif, visuel, sonore et de la qualité de l’air.

Une minorité exprime une insatisfaction liée à la présence d'odeurs (30 %), de bruits (15 %) ou de variations de température (entre 15 et 21 %).

Pour en savoir plus