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QAI dans les immeubles de bureaux

Publié le 16.12.2014

A l’occasion de la clôture du projet européen Officair et de la campagne nationale qu’il mène actuellement dans les immeubles de bureaux français, l’Observatoire de la Qualité de l’air intérieur (OQAI) a fait le point sur les connaissances et les perspectives en matière de qualité de l’air intérieur, de santé et de confort dans les bureaux.

Etat des connaissances et enjeux

Comparativement au logement, le bureau n’a fait l’objet que de très peu d’études en matière de confort et de qualité de l’air intérieur. Pourtant on sait que « le 2ème lieu de vie des Français » présente de nombreuses spécificités (densité d’appareils bureautiques et de mobilier, climatisation, systèmes mécaniques de ventilation, entretien quotidien des locaux, etc.) susceptibles d’impacter la qualité de l’air intérieur et ainsi nuire au confort et à la performance des usagers. Deux programmes de recherche se sont emparés du sujet.

Le premier, le projet Officair, initié en 2010 par la Direction générale en charge de la Recherche à la Commission européenne a impliqué 13 partenaires de 8 pays européens : Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Pays-Bas et Portugal, vient de s’achever. Le CSTB a coordonné le projet pour la France.

Le deuxième, actuellement en cours, conduit par l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) sur un échantillon d’environ 300 immeubles de bureaux de plus de 50 personnes, vise à dresser un état du parc des immeubles de bureaux français. Démarré en juin 2013, la phase une se terminera en 2015.


Le projet européen Officair

Le projet visait à acquérir des connaissances sur la qualité de l’environnement intérieur, la santé et le confort dans les immeubles de bureaux neufs ou réhabilités depuis moins de 10 ans. L’objectif à terme étant :

  • de disposer d’une base de données documentant les concentrations intérieures mesurées dans les bureaux,
  • d’acquérir de connaissances sur les émissions de sources spécifiques telles que les équipements bureautiques et certains matériaux,
  • d’évaluer les risques sanitaires à des fins de recommandations pour les futures politiques publiques.

L’étude s’est déroulée à partir d’enquêtes terrain conduites en trois phases.

 

PHASE 1 

Sur base d’un échantillon de 167 bâtiments recrutés sur la base de volontariat la phase une de l’étude a été consacrée au recueil de données techniques sur le bâtiment et de données relatives au confort et à la santé des occupants via un questionnaire anonyme proposé pendant une semaine aux occupants.

PHASE 2

Elle a consisté en deux mesures d’une semaine chacune, à deux saisons différentes (l’une en été 2012 et l’autre durant l’hiver 2012-2013) dans 37 immeubles et à des exercices en ligne proposés aux occupants des bureaux, visant à évaluer la sécheresse des yeux (durée entre deux clignotements), la capacité de mémorisation et leur réactivité. Ainsi, pour la première fois des mesures de la qualité de l’air auront été combinées à des tests de performances, en sites réels.

PHASE 3

Une étude d’intervention de 6 semaines dans 9 immeubles durant lesquelles deux espaces distincts dans chaque bureau ont été étudiés : dans l’un, sans aucun changement et dans l’autre où les produits d’entretien habituels ont été remplacés par des produits de nettoyage des sols comprenant très peu de COV et sans parfum. Par ailleurs le mobilier n’était nettoyé durant cette période qu’avec de l’eau. Les émissions de COV et aldéhydes des produits utilisés avant substitution ont été mesurés en chambre d’essai. Les mesures réalisées dans chaque espace (qualité de l’air intérieur et prélèvements biologiques auprès des occupants) l’ont été la semaine précédant le changement, puis après les 4 premières semaines d’intervention.

 

Principaux enseignements

Confort perçu 

Les deux principales sources d’inconfort perçues par les occupants, quel que soit le pays,  sont le bruit (33 %) et principalement celui généré par les collèges de bureaux (43 %) et la qualité de l’air (33 %) et notamment l’air jugé trop sec (44 %) et confiné (35 %).

Polluants présents

A noter des concentrations en terpènes (émis notamment par les produits d’entretien) plus élevées que celles des autres composés organiques volatils (COV), en particulier pour le limonène en hiver.

Variations saisonnières et entre étage

Les mesures mettent en évidence une variabilité saisonnière des concentrations : concentrations intérieures supérieures en été pour le formaldéhyde et l’ozone, et concentrations intérieures supérieures en hiver pour le benzène, le limonène, l’-pinène et le dioxyde d’azote. De même une variation spatiale des concentrations intérieures entre étages a été observée.

Rôle des produits d’entretien sur la QAI

Pour la première fois l’impact des émissions des produits d’entretien sur la qualité de l’air dans les espaces de bureaux a été démontré. Ainsi, une diminution statistiquement significative des concentrations a été observée dans les espaces d’intervention après changement des produits de nettoyage.

Réactivité aux polluants

Enfin, des phénomènes d’irritation des yeux et du nez ont été mesurés dans les environnements de bureaux.

Ces résultats vont permettre aux acteurs immobiliers de disposer d’un référentiel de qualité de l’air intérieur dans les immeubles de bureaux, et rappeler aux concepteurs, constructeurs et gestionnaires, le bien-fondé de bonnes pratiques comme le choix de l’emplacement d’un futur immeuble, la nécessité de dimensionner et de maintenir correctement les systèmes mécaniques de ventilation et le contrôle les sources d’émissions intérieures, comme les produits d’entretien.


Campagne nationale de l’OQAI

Démarrée en juin 2013, la campagne nationale conduite par l’OQAI va permettre de dresser un état du parc des immeubles de bureaux en termes de qualité de l’air intérieur , de confort et de santé perçues en fonction des caractéristiques techniques des bâtiments.
La première phase de cette campagne a pour objet de collecter les données sur les bâtiments (revêtements, équipements, environnement), de mesurer (sur une journée) différents paramètres (composés organiques volatils, particules ultrafines, température, humidité relative) et d’interroger les occupants sur le confort et la santé perçus.

La seconde phase (2016-2017) permettra des mesures plus complètes (sur une semaine) et de compléter l’analyse sur  de nouveaux paramètres (contaminations fongique et bactérienne, allergènes d’animaux domestiques, débits d’air extrait, niveau de bruit et d’éclairage.