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Selon l’OFCE, la transition énergétique est une opportunité pour l’économie française

Publié le 12.12.2016

En démontrant, avec le concours de l’ADEME, que la réalisation d’une transition énergétique correspondant au scénario inscrit dans la Loi sur la Transition Energétique pour la Croissance Verte permettrait de générer près de 0,4 % de PIB supplémentaire et plus de 180 000 emplois en 2022, l’Observatoire Français de Conjoncture Economique (OFCE) entend alerter les candidats aux prochaines élections présidentielles afin qu’ils s’emparent de cette question et la place au cœur du projet et des débats à venir.


Des intentions louables et crédibles


Dans cette note, l’OFCE rappelle qu’en votant la Loi sur la Transition Energétique pour la Croissance Verte le 17 août 2015, la France a pris un engagement fort pour décarboner l’économie nationale et la rendre plus sobre en termes de consommation d’énergie.

Elle se concrétise par objectifs principaux :

  • réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % entre 1990 et 2030 et les diviser par quatre entre 1990 et 2050 ;
  • réduire la consommation énergétique finale de 50 % en 2050 par rapport à la référence 2012, en visant un objectif intermédiaire de 20 % en 2030 ;
  • réduire la consommation énergétique primaire des énergies fossiles de 30 % en 2030 par apport à 2012 :
  • augmenter la part des énergies renouvelables à 23 % de la consommation finale brute de 2020, puis à 32 % en 2030.

Cela passe notamment par une modification des parts relatives de notre mix électrique au bénéfice des énergies renouvelables, l’instauration d’une contribution climat-énergie et la pénétration accrue des véhicules électriques.


Un retard certain à l’allumage


Or, le récent rapport parlementaire rendu par la Commission des affaires économiques et la Commission du développement durable dénonce le retard pris dans la mise en application de la Loi et le peu d’avancées réalisées pour exploiter le principal gisement d’économie que constitue le secteur du bâtiment.  Il relève également le retard pris dans l’augmentation de la part des énergies renouvelables, au sein de notre mix énergétique.


Il est urgent d’accélérer le mouvement


Pour l’OFCE, la transition énergétique ne saurait être retardée par craintes d’impacts économiques récessifs.
Ses travaux montrent au contraire que le développement des énergies renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments et le développement des transports publics constituent autant de relais de croissance qui pourront contribue à relancer l’économie française dès le prochain quinquennat. Une application complète de la Loi sur la Transition Energétique pour la Croissance Verte permettrait de gagner près de  0,4 % de PIB dès 2022.


La poursuite d’un objectif encore plus ambitieux, d’une électricité 100 % renouvelable en 2050, permettrait d’obtenir un gain de 1,3 % de PIB à l’issue du prochain quinquennat, et de près de 3,9 % à l’horizon 2050.


Ces évaluations montrent ainsi que la transition énergétique est réalisable en France sur la plan économique, que sa réalisation constituerait une source de croissance pour les trente prochaines années dès lors que l’on en accélère le processus dès le prochain quinquennat, afin d’arrêter l’accumulation inutile d’actifs carbonés qui devront ensuite être intégralement déclassés de façon anticipée pour respecter nos objectifs climatiques, provoquant alors un impact macroéconomique sensiblement négatif.